Crise Agricole

Crise agricole : quand la colère révèle un abandon politique
Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs expriment une colère profonde, légitime et durable. Ce mouvement n’est ni soudain ni excessif : il révèle un fossé grandissant entre les réalités du terrain et les décisions publiques.
Partout en France, les blocages, les manifestations et les actions se multiplient. Ce que vivent nos agriculteurs n’est pas une crise passagère : c’est le résultat d’années d’incompréhension, de normes contradictoires, de promesses non tenues et d’un sentiment d’abandon.
📌 Produire toujours plus, pour gagner toujours moins
On demande à nos agriculteurs de produire davantage, de respecter des normes toujours plus exigeantes, d’investir pour s’adapter aux transitions environnementales, tout en leur laissant des revenus insuffisants pour vivre dignement de leur travail.
👉 Quand le travail ne paie plus, c’est tout un modèle agricole qui vacille.
Les charges explosent — carburant, énergie, engrais, matériel — pendant que les prix payés à la production restent sous pression. Le résultat est connu : des exploitations disparaissent, des vocations s’éteignent, et une détresse sociale s’installe.
📌 Le MERCOSUR : symbole d’une concurrence déloyale organisée
La colère actuelle ne peut être comprise sans évoquer clairement les accords de libre-échange, et en particulier le projet d’accord entre l’Union européenne et le MERCOSUR.
👉 On ne peut pas imposer des règles strictes à nos agriculteurs et importer, en même temps, des produits qui ne respectent pas les mêmes exigences.
Bœuf, volaille, sucre, soja : ces produits, issus de pays où les règles ne sont ni équivalentes ni contrôlées avec la même rigueur, mettent directement en concurrence nos exploitations avec des modèles incompatibles avec nos standards sanitaires, environnementaux et sociaux.
📌 Quand la crise débouche sur des affrontements
Ces derniers jours, la tension est montée d’un cran et a parfois conduit à des affrontements avec la gendarmerie. Ces scènes doivent nous alerter collectivement.
- La violence n’est jamais une solution.
- Les forces de l’ordre ne sont pas responsables de la situation : elles appliquent les décisions prises par l’État.
- Mais ces affrontements traduisent un échec du dialogue et un sentiment d’abandon devenu insupportable.
Quand des agriculteurs, attachés à leur terre et à leur métier, en viennent à se heurter à la gendarmerie, ce n’est pas seulement un sujet d’ordre public : c’est un signal politique majeur. Ce n’est plus uniquement une crise agricole, c’est une crise de confiance.
📌 Une crise aussi humaine
Au-delà des revendications économiques, cette mobilisation révèle une réalité souvent invisible : l’épuisement moral et physique.
Je veux ici avoir une pensée particulière pour une médecin, restée auprès des agriculteurs lors de ces moments de forte tension. Sa présence rappelle que derrière les images de blocages et de confrontations, il y a avant tout des femmes et des hommes à bout, qui ont aussi besoin d’écoute et de soins.
📌 Le rôle des collectivités locales
Si de nombreuses décisions relèvent de l’État ou de l’Union européenne, les collectivités locales ne peuvent pas rester spectatrices. Elles ont un rôle à jouer pour soutenir l’agriculture de proximité.
- Développer les circuits courts et la mise en relation locale
- Faciliter l’accès des producteurs à la commande publique
- Protéger le foncier agricole
- Refuser les décisions déconnectées des réalités du terrain
📌 Écouter, respecter, agir
Les agriculteurs n’attendent pas de la compassion ni des annonces de circonstance. Ils attendent des choix politiques clairs et cohérents. On ne peut pas, d’un côté, exiger une agriculture exemplaire, et de l’autre, soutenir des accords comme le MERCOSUR qui la mettent en péril.
Ignorer cette colère aujourd’hui, c’est préparer des crises bien plus graves demain.
Agir Pour Bessancourt soutient le combat des agriculteurs.